Le Courrier Picard parle de TchaoMégot

L’habitant de Berthecourt veut faire un isolant à base de mégots de cigarettes recyclés

Mis en ligne le 7/03/2020 à 18:18 Mathieu Blard pour Le Courrier Picard

Julien Paque, un jeune ingénieur de 22 ans, a développé une méthode pour dépolluer les mégots et les transformer en isolant. Avec, il a déjà fabriqué une doudoune.

Julien Paque, ingénieur de 22 ans habitant Berthecourt, affiche une allure singulière : entre le look d’un skateur, la trombine d’un jeune premier, et le regard à la fois original et pragmatique des savants fous. Il cause vite, comme s’il n’avait pas le temps, et avec passion, de son projet un peu dingue : recycler des mégots de clopes pour en faire un isolant. « J’ai eu l’idée en faisant de petits travaux avec mon père. J’ai vu un filtre de cigarette, et je me suis dit que ça ressemblait à de la laine de verre ».

Le jeune homme, qui est alors étudiant d’Hautes Études d’Ingénieur (HEI), à Lille, se rend compte que c’est presque la même matière que dans les toitures de maison. Il commence à en ramasser en mai 2019 et monte un projet pour son stage de fin d’études. « J’ai réalisé une première plaque avec un broyeur de cuisine à 12 euros, mais tout le monde me disait que ça puait. »

Une doudoune comme un étendard

Pas de quoi le décourager. Il imagine alors un système pour nettoyer la matière première, grâce à un solvant neutre qui permet de dépolluer et de traiter les mégots. En gros, le solvant extrait le substrat et repart dans la machine, propre, ce qui permet de recommencer l’opération. Julien montre d’ailleurs un petit flacon avec un liquide noir au fond, le fameux reliquat toxique des cigarettes fait de métaux lourds, entre autres. Et pour valoriser cet isolant, il en a fait une doudoune, qu’il a portée fièrement pendant plusieurs mois !

Le projet séduit, autour de lui. Il a lancé une campagne pour financer les analyses en labo, qui lui a rapporté 7 621 euros. Analyses qu’il a ainsi pu faire, et qui ont été concluantes ! « La prochaine étape, ce sont les tests industriels », lance-t-il. « Mais c’est très coûteux, il faudrait compter entre 20 000 et 30 000 euros ». En parallèle, il a monté un site Internet pour présenter son activité, tchaomegot.com.

Le brevet en cours de validation

Un projet écolo ? « Oui, si chacun fait attention et réalise de petits gestes, c’est bon pour la planète. Et c’est une forme d’innovation, il ne faut pas oublier qu’un mégot peut polluer 500 litres d’eau et met 15 ans à se dégrader. On en jette 5 000 à 10 000 chaque année en France ! ». Pour réaliser une plaque d’isolant, il faut 1 000 filtres environ.

Julien Paque cherche aujourd’hui un local et veut développer ses moyens de collecte. Julien a également été lauréat d’un concours, avec un prix de 9 000 euros de bourse à la clé. « Le problème, c’est que c’est dans le 78. Moi, pour le moment, je veux rester dans les Hauts-de-France pour voir ce que l’on peut développer ici. » Le brevet pour sa méthode est en cours de validation. Réponse attendue d’ici le mois d’octobre.


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