Analyse du Cycle de Vie des mégots : jusqu'où peut-on comparer les filières ?
En juillet 2026, Alcome, l’éco-organisme de la filière REP des produits du tabac, porté par les cigarettiers, a publié les résultats de la première Analyse du Cycle de Vie (ACV) consacrée à la fin de vie des mégots de cigarette.
- L’ACV publiée par Alcome n’évalue ni la toxicité des mégots, ni la performance des procédés de dépollution (source ACV – page 5), malgré un classement en tant que déchet dangereux par l’INERIS.
- Le rapport conclut qu’aucun mode de traitement n’est le meilleur sur l’ensemble des indicateurs étudiés (source ACV -page 24).
- Pourtant, certains médias et acteurs exploitent cette étude pour en tirer des conclusions et vanter les bénéfices de l’incinération, notamment en cimenterie. Quel est l’intérêt ?
- TchaoMegot est le leader français de la filière de dépollution et de recyclage des mégots de cigarette. L’entreprise réalise des collectes innovantes, dépollue et recycle les mégots afin de les transformer en nouveaux matériaux isolants. Elle est la seule société française à maîtriser une technologie brevetée de dépollution au CO₂ supercritique biogénique.
- Elle est l’une des rares à exploiter un site classé ICPE 2790 autorisée pour le traitement des déchets dangereux pour recyclage.
La publication de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) de la filière mégots par Alcome apporte des éléments utiles au débat.
Mais une étude scientifique ne peut être interprétée qu’au regard de la question qu’elle pose, de son périmètre et des sujets qu’elle exclut. TchaoMegot souhaite donc rappeler plusieurs faits, sans opposer artificiellement les filières de traitement.
L'ACV n'évalue pas la toxicité ni l'efficacité de la dépollution
Le rapport précise que plusieurs dimensions essentielles ne sont pas incluses dans son périmètre, notamment la toxicité des substances présentes dans les mégots, l’efficacité des procédés de dépollution, la destruction des substances dangereuses, l’innocuité des matières recyclées ou des résidus d’élimination (cendres, fumées …) ainsi que certains aspects réglementaires et économiques.
Elle ne permet pas de déterminer quelle filière maîtrise le mieux les substances dangereuses contenues dans les mégots.
Les travaux scientifiques, notamment ceux de l’INERIS, mettent en évidence la présence de plusieurs milliers de substances chimiques dans la fumée et les filtres de cigarette, dont de nombreuses présentent des propriétés toxiques ou écotoxiques.
En fonction des modes de traitement, il est primordial de se questionner sur le transfert et devenir de ces substances toxiques.
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
Il ne s’agit pas d’un défaut caché de l’étude : il s’agit d’une limite méthodologique annoncée. Cette limite doit toutefois rester visible lorsque les résultats sont présentés au public, aux collectivités et aux acheteurs.
La question n’est pas seulement de savoir quel procédé émet le moins, mais lequel traite réellement la toxicité du déchet.
Dépolluer la matière pour la recycler, la détruire par traitement thermique ou l’enfouir, ne répondent ni aux mêmes objectifs ni aux mêmes exigences.
Comparer ces solutions uniquement sur leurs émissions revient donc à ignorer une part essentielle de leur performance environnementale.
Le rapport ne désigne pas de solution universellement supérieure
La conclusion scientifique est nuancée : aucun mode de traitement n’apparaît comme le meilleur sur l’ensemble des indicateurs étudiés. Les résultats varient selon les critères retenus, les hypothèses logistiques et les scénarios comparés.
Cette conclusion est différente d’une recommandation générale en faveur de l’incinération, du recyclage ou de toute autre filière. Elle invite plutôt à améliorer simultanément la collecte, la logistique, la maîtrise des polluants et la valorisation de la matière.
Depuis sa publication, l’Analyse du Cycle de Vie réalisée pour Alcome est parfois présentée comme une démonstration selon laquelle l’incinération constituerait une solution plus performante que le recyclage des mégots. Cette lecture mérite d’être nuancée.
Dans le cas présent, elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer quelle est la meilleure filière de traitement des mégots de cigarette.
Le risque des interprétations simplifiées : une formule de communication ne doit pas remplacer la conclusion scientifique
Comme toute publication scientifique, cette étude peut faire l’objet de résumés ou de communications simplifiées. Cependant, il convient d’être particulièrement vigilant lorsqu’un document technique est résumé en quelques phrases ou utilisé dans une communication commerciale.
Le communiqué accompagnant l’étude a mis en avant la formule : « Le recyclage n’est pas LA solution ». Cette phrase peut être comprise comme un rappel utile : le recyclage ne résout pas, à lui seul, tous les enjeux de la filière.
Une conclusion extraite de son contexte peut conduire à des interprétations qui dépassent ce que l’étude permet réellement d’affirmer.
Elle ne signifie toutefois pas que l’incinération serait la solution à privilégier dans tous les cas. Le rapport lui-même ne formule pas cette conclusion. Certaines reprises médiatiques ou commerciales ont pourtant pu simplifier le message dans ce sens.
Restons donc factuels : l’étude ne départage pas les procédés sur leur capacité à dépolluer les mégots et elle ne conclut pas à la supériorité globale d’une filière.
Il est important de rappeler que la gestion des déchets en France ne repose pas uniquement sur les résultats d’une Analyse du Cycle de Vie.
Le Code de l’environnement, notamment à travers l’article L541-1 et L541-3, fixe une hiérarchie des modes de traitement des déchets qui place, lorsque cela est techniquement et environnementalement pertinent, le recyclage avant la valorisation énergétique et l’élimination. Cette hiérarchie constitue le cadre de référence des politiques publiques en matière d’économie circulaire.
L’Analyse du Cycle de Vie est un outil précieux pour comparer les impacts environnementaux de différentes solutions. Elle vient éclairer la décision publique, mais elle ne constitue pas, à elle seule, le seul critère d’évaluation d’une filière.
Ainsi, affirmer que « le recyclage est moins performant que l’incinération » sur la seule base de cette ACV conduit à ne pas intégrer plusieurs dimensions essentielles qui ne sont pas prises en compte dans cette étude, notamment :
- la dangerosité intrinsèque du mégot et la gestion des substances qu’il contient ;
- l’efficacité des procédés de dépollution ;
- le niveau d’encadrement réglementaire des installations de traitement ;
- la création d’une matière première secondaire ;
- la contribution aux objectifs de l’économie circulaire.
À l’inverse, affirmer que l’ACV serait sans intérêt serait tout aussi inexact.
L’enjeu n’est pas d’opposer les études scientifiques aux procédés industriels.
L’enjeu est d’évaluer chaque solution au regard de l’ensemble des critères environnementaux, techniques, réglementaires et industriels qui permettent d’apprécier sa performance globale.
Depuis six ans, TchaoMegot fait le choix de dépolluer pour recycler : un niveau d'exigence essentiel à intégrer dans l'ACV.
Depuis six ans, TchaoMegot investit dans une approche industrielle claire : la dépollution constitue le préalable au recyclage.
Le site de TchaoMegot est exploité dans le cadre de la réglementation des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE), au titre de la rubrique 2790 relative au traitement de déchets dangereux, selon les prescriptions et autorisations applicables à l’installation.
Ce cadre impose des exigences de maîtrise des procédés, de traçabilité et de gestion des flux. Il traduit le choix de traiter le mégot avec un niveau de précaution adapté à sa composition, avant toute valorisation matière.
Les procédés comparés dans l’ACV ne sont pas soumis aux mêmes exigences réglementaires — traitement de déchets dangereux pour certains, contre déchets non dangereux pour d’autres — ce qui impose des étapes de traitement et de contrôle supplémentaires pour nos activités qui influencent nécessairement les résultats et comparaison des procédés de l’ACV.
Préserver la matière après l'avoir dépolluée
Après dépollution, les fibres issues des filtres peuvent être transformées et intégrées à de nouvelles applications.
La fabrication de 1 500 panneaux isolants à partir de filtres de mégots en constitue une illustration concrète.
La preuve qu’une matière destinée à être détruite peut retrouver un usage utile lorsque la technologie permet de la traiter et de la valoriser.
Dans une logique d’économie circulaire, il serait regrettable de détruire systématiquement une matière valorisable sans examiner, à niveau d’exigence comparable, les performances de dépollution, le devenir des contaminants et les garanties apportées par chaque filière de traitement.
Une ACV est un excellent outil… à condition d'en respecter le périmètre
Avant toute chose, il est important de rappeler que TchaoMegot ne remet absolument pas en cause le principe des Analyses du Cycle de Vie.
Au contraire.
Les ACV constituent aujourd’hui l’un des outils les plus reconnus pour évaluer et comparer les impacts environnementaux de différents procédés industriels. Elles permettent notamment d’analyser :
- les consommations d’énergie ;
- les émissions de gaz à effet de serre ;
- les consommations de ressources ;
- les impacts liés aux transports ;
- les différentes catégories d’impacts environnementaux définies par les normes ISO 14040 et ISO 14044.
Depuis plusieurs années, ces études contribuent à améliorer de nombreuses filières industrielles et représentent un véritable outil d’aide à la décision.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’évaluer une filière de traitement des mégots, l’ACV ne prend pas en compte plusieurs dimensions pourtant essentielles à une appréciation globale de sa performance.
Parmi ces éléments figurent notamment :
- la toxicité intrinsèque du mégot et les risques associés à ce déchet ;
- l’efficacité réelle des procédés de dépollution ;
- les exigences réglementaires applicables aux installations de traitement ;
- la qualité et l’innocuité des matières obtenues après traitement ;
- ainsi que certaines dimensions de l’économie circulaire et de la politique de gestion des déchets.
Ces critères ne remettent pas en cause la pertinence d’une ACV. Ils montrent simplement qu’une ACV ne constitue qu’un des éléments nécessaires pour apprécier la performance d’une filière.
C’est pourquoi nous pensons qu’il est indispensable d’adopter une approche multicritère avant de conclure à la supériorité d’une solution de traitement par rapport à une autre.
Cette ACV compare des scénarios de collecte et de traitement. Elle ne permet pas de déterminer quelle filière maîtrise le mieux les substances dangereuses contenues dans les mégots.
Le mégot de cigarette n'est pas un déchet comme les autres
C’est probablement le point le plus important de tout ce débat.
Un mégot de cigarette n’est pas uniquement constitué de fibres d’acétate de cellulose.
Au cours de la combustion du tabac, le filtre concentre également plusieurs milliers de composés chimiques, parmi lesquels :
- des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ;
- des métaux lourds ;
- de la nicotine résiduelle ;
- différents composés organiques ;
- de nombreuses substances issues de la combustion.
La dangerosité du mégot a été reconnu par l’INERIS dans ses travaux scientifiques.
La question centrale n’est donc pas uniquement :
« Quelle solution émet le moins de CO₂ ? »
La première question devrait être :
« Comment ces substances sont-elles prises en charge et traitées ? »
Cette distinction est fondamentale.
Car deux procédés peuvent présenter des impacts carbones relativement proches tout en ayant des approches totalement différentes vis-à-vis de la gestion de la toxicité du déchet.
L’un peut investir dans des procédés industriels destinés à dépolluer la matière avant son recyclage.
L’autre peut reposer principalement sur une destruction thermique.
Ces deux approches répondent à des objectifs industriels différents.
Les comparer uniquement sous l’angle des émissions environnementales ne permet donc pas d’évaluer l’ensemble des services rendus par chaque procédé.
Une limite majeure : la toxicité n'est pas évaluée
Qu’est-ce qui fait que la capacité des procédés à éliminer ou gérer la toxicité des mégots n’est pas évaluée, alors même que cette problématique constitue le cœur des technologies de dépollution développées pour le recyclage ?
C’est sans doute le point le plus important de l’étude.
L’Analyse du Cycle de Vie publiée par Alcome ne cherche pas à mesurer :
- la performance de dépollution des procédés ;
- leur capacité à éliminer les substances dangereuses ;
- l’innocuité de la matière obtenue après traitement.
Pourtant, lorsqu’une entreprise choisit de recycler des mégots, elle investit dans :
- des procédés industriels de dépollution ;
- des contrôles qualité ;
- des analyses ;
- des équipements spécifiques ;
- des obligations réglementaires renforcées.
Toutes ces opérations consomment naturellement de l’énergie.
Elles nécessitent des investissements.
Elles mobilisent des ressources.
Mais elles répondent à un objectif essentiel : transformer un déchet contenant des substances dangereuses en une matière première pouvant être réutilisée.
À l’inverse, un procédé qui ne réalise pas ces opérations n’en supportera naturellement pas les impacts associés.
Comparer ces deux approches sans mesurer le service rendu par la dépollution revient donc à comparer des procédés qui ne remplissent pas exactement la même mission.
Et c’est précisément pour cette raison qu’une ACV, prise isolément, ne peut suffire à déterminer quelle filière constitue la meilleure solution globale.
Une comparaison qui ne prend pas en compte les contraintes réglementaires des différentes filières
Lorsqu’on compare plusieurs procédés industriels, il est essentiel de vérifier que les systèmes comparés répondent aux mêmes exigences réglementaires.
Dans le domaine des déchets, cette question est loin d’être anodine.
Toutes les installations ne sont pas soumises aux mêmes obligations administratives, techniques et environnementales.
Certaines filières exploitent des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) bénéficiant d’autorisations préfectorales spécifiques pour traiter des déchets et produire une matière première secondaire. C’est le cas de TchaoMegot.
Ces installations sont soumises à des exigences particulièrement strictes en matière de :
- maîtrise des risques industriels ;
- contrôle des procédés ;
- traçabilité des déchets ;
- surveillance environnementale ;
- sécurité des salariés ;
- conformité des installations.
Ces exigences représentent des investissements industriels considérables.
Elles impliquent également des coûts d’exploitation supplémentaires qui participent directement à la protection de l’environnement et de la santé publique.
Pourtant, ces différences de niveau d’exigence réglementaire ne sont pas intégrées dans une Analyse du Cycle de Vie.
Une ACV mesure des impacts environnementaux.
Elle ne mesure pas le niveau de maîtrise réglementaire d’un procédé industriel.
Comparer deux procédés qui ne répondent pas nécessairement aux mêmes contraintes réglementaires nécessite donc une grande prudence dans l’interprétation des résultats.
Une question essentielle : traite-t-on le même type de déchet ?
Le mégot de cigarette est un déchet particulier.
Selon les réglementations applicables et les étapes de son traitement, il peut relever de contraintes spécifiques liées à la présence de substances dangereuses.
Dès lors, une question méthodologique mérite d’être posée :
les différents scénarios comparés dans l’ACV reposent-ils sur des hypothèses homogènes concernant la nature réglementaire du déchet traité ?
Cette question est importante, car les exigences applicables à un traitement de déchets dangereux peuvent être sensiblement différentes de celles applicables à des déchets non dangereux.
Ces différences influencent :
- les procédés industriels ;
- les équipements nécessaires ;
- les contrôles ;
- les consommations d’énergie ;
- les coûts d’exploitation.
Autant d’éléments qui peuvent modifier les résultats d’une comparaison.
La méthode de calcul WILCI pour déchet non dangereux, utilisé pour l’incinération : une question méthodologique qui mérite d'être explicitée
Qu’est-ce qui fait que les calculs relatifs à l’incinération, y compris en cimenterie, semblent reposer sur une méthode applicable aux déchets non dangereux, alors que les mégots destinés au recyclage sont soumis, en France, à une réglementation applicable aux déchets dangereux ?
L’étude publiée par Alcome s’appuie sur différentes méthodes reconnues d’évaluation environnementale.
Parmi les hypothèses utilisées pour certains scénarios de valorisation énergétique figurent notamment des facteurs issus de la méthode WILCI.
Cette approche soulève néanmoins une interrogation technique.
Selon les informations dont nous disposons, certains facteurs utilisés par cette méthode concernent principalement des scénarios de traitement de déchets non dangereux (températures d’incinérations plus basses, moins de fumées etc…)
Si tel est le cas dans les scénarios étudiés, une question mérite d’être posée :
Dans quelle mesure ces facteurs sont-ils pleinement représentatifs d’une comparaison avec un procédé industriel dédié au traitement d’un déchet contenant des substances dangereuses avant sa transformation ?
Cette interrogation ne remet pas en cause la qualité scientifique de la méthode WILCI elle-même.
Elle souligne simplement que les hypothèses retenues dans une ACV peuvent avoir une influence significative sur les résultats obtenus.
C’est pourquoi il est essentiel que ces hypothèses soient explicitées et discutées de manière transparente.
À ce titre, il serait bénéfique de pouvoir consulter l’étude dans sa globalité afin d’analyser l’ensemble des hypothèses qui ont été retenues.
Incinération en cimenterie, le bénéfice attribué à la substitution du coke de pétrole mérite également d'être contextualisé
Qu’est-ce qui fait que l’étude considère que les mégots substituent une énergie fossile, le coke de pétrole, leur attribuant ainsi un gain important en bénéfice environnemental, alors que cette énergie est déjà fortement en voie de disparition dans les cimenteries et largement remplacée par d’autres combustibles, tels que les pneus usagés, les solvants ou les combustibles solides de récupération (CSR) ?
L’un des principaux bénéfices environnementaux attribués aux scénarios de valorisation énergétique repose sur le principe de la substitution du coke de pétrole dans les cimenteries.
Le raisonnement est simple : si un mégot est utilisé comme combustible de substitution, il évite la consommation d’une quantité équivalente de coke de pétrole.
Ce mécanisme est reconnu en Analyse du Cycle de Vie. Cependant, son impact dépend directement des hypothèses retenues.
Or le secteur cimentier évolue rapidement depuis plusieurs années.
Dans le cadre de leur stratégie de décarbonation, de nombreuses cimenteries ont déjà engagé une réduction importante de leur consommation de coke de pétrole en le remplaçant progressivement par :
- des combustibles solides de récupération (CSR) ;
- de la biomasse ;
- des pneus usagés ;
- d’autres combustibles alternatifs.
Les chiffres les plus robustes proviennent de France Ciment (anciennement SFIC) et de la Feuille de route de décarbonation de la filière Ciment publiée par le Gouvernement.
Évolution du mix énergétique des cimenteries françaises
Année | Coke de pétrole | Charbon | Combustibles alternatifs* | Autres combustibles |
2021 | 43 % | 14 % | 44 % | ~0 % |
2022 | 39 % | 17 % | 44 % | ~0 % |
2023 | 35 % | 17 % | 50 % | ~5 % |
2024 | 29 % | 17 % | 55 % | ~5 % |
Dans ce contexte, la quantité de coke de pétrole effectivement substituée peut varier d’un site à l’autre.
Si l’ACV considère une substitution 1:1 du coke de pétrole, elle suppose implicitement que chaque kilogramme de mégots remplace un kilogramme de coke de pétrole. Or, dans la réalité :
- les cimenteries fonctionnent avec un mix de combustibles, et non avec 100 % de coke de pétrole ;
- les mégots viennent généralement en complément d’autres combustibles alternatifs (CSR, pneus, solvants, biomasse…) ;
- le combustible effectivement substitué dépend de l’exploitation de chaque four et n’est pas nécessairement du coke de pétrole pur.
Autrement dit, l’hypothèse de substitution 100 % coke de pétrole est très favorable à l’incinération et mérite d’être solidement justifiée. Si cette hypothèse n’est pas démontrée par des données d’exploitation des cimenteries concernées, elle peut conduire à surestimer le bénéfice climatique attribué à la valorisation énergétique des mégots.
En d’autres termes, si le coke de pétrole est déjà largement remplacé par d’autres combustibles, les mégots ne peuvent plus générer le même « gain carbone » que celui retenu dans l’étude.
Là encore, il ne s’agit pas de remettre en cause le principe de la méthode, mais d’appeler à une lecture prudente des résultats et des hypothèses qui les sous-tendent.
Quand les hypothèses de modélisation ne reflètent plus la réalité industrielle
Dans un souci de transparence, TchaoMegot souhaite expliquer les raisons pour lesquelles l’entreprise n’a pas souhaité poursuivre sa participation à la seconde phase de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) réalisée pour le compte d’ALCOME.
Au cours des échanges techniques, TchaoMegot a transmis de nombreuses données relatives à son procédé industriel de dépollution et de recyclage. À la lecture des premiers paramètres retenus pour modéliser notre technologie, nous avons toutefois constaté que plusieurs hypothèses ne reflétaient pas la réalité de nos procédés industriels, malgré les informations techniques communiquées.
À titre d’exemple :
- Une consommation d’eau a été intégrée dans la modélisation de notre procédé, alors que notre technologie de dépollution au CO₂ supercritique n’utilise pas d’eau lors de cette étape. Plus surprenant encore, la consommation d’eau retenue pour TchaoMegot est supérieure à celle attribuée à un autre procédé de dépollution reposant pourtant sur un traitement à l’eau. Cette hypothèse ne nous paraît donc pas représentative de la réalité de notre procédé et est susceptible d’influencer directement les résultats de l’ACV.
- Le CO₂ utilisé dans notre procédé a été considéré comme un CO₂ conventionnel, alors que nous utilisons, depuis l’origine, un CO₂ biogénique issu du recyclage. Cette distinction est essentielle, car elle influence directement les impacts environnementaux calculés.
- Le scénario de substitution retenu considère que notre matériau remplace à 50 % de la laine de verre et à 50 % de l’acétate de cellulose, alors que nos plaques isolantes sont développées pour se substituer à 100 % à la laine de verre. Cette hypothèse modifie directement les bénéfices environnementaux calculés, notamment en matière d’émissions de gaz à effet de serre.
Ces différents points ont été signalés et documentés auprès des équipes en charge de l’étude. À ce jour, nous n’avons reçu aucun retour permettant de comprendre les raisons de ces choix méthodologiques ni de savoir si nos observations seront prises en compte dans une version révisée de l’ACV.
Dans ces conditions, TchaoMegot n’a pas souhaité poursuivre sa participation à la seconde phase de l’étude, considérant que la modélisation proposée ne reflétait pas fidèlement la réalité de son procédé industriel.
Pourquoi ces hypothèses sont-elles déterminantes ?
Une Analyse du Cycle de Vie repose sur un ensemble d’hypothèses et de paramètres qui servent à modéliser les procédés étudiés. Chaque hypothèse retenue influence directement le résultat final.
Lorsque les paramètres utilisés ne reflètent pas fidèlement la réalité industrielle d’un procédé, les impacts environnementaux calculés peuvent s’écarter de ceux réellement observés en exploitation. La robustesse d’une ACV dépend donc directement de la qualité, de la représentativité et de la validation des données qui alimentent sa modélisation.
Nous regrettons que cette première version de l’ACV ait été publiée et soit déjà reprise ou interprétée par certains acteurs à des fins de communication ou de promotion commerciale, alors même que les observations techniques transmises par TchaoMegot sont, à ce jour, restées sans réponse.
TchaoMegot reste pleinement disponible pour poursuivre un dialogue scientifique constructif et contribuer à l’amélioration de cette étude. Nous espérons que cette première ACV pourra être enrichie et révisée à la lumière de données consolidées, afin de refléter le plus fidèlement possible la réalité des procédés industriels de recyclage aujourd’hui déployés.
Une Analyse du Cycle de Vie n’a de valeur que si les procédés qu’elle modélise reflètent fidèlement la réalité industrielle. C’est à cette condition qu’elle peut constituer un véritable outil d’aide à la décision au service de l’environnement.
Les exemples ci-dessus n’ont pas vocation à remettre en cause le principe de l’Analyse du Cycle de Vie, mais à illustrer concrètement l’importance du choix des hypothèses de modélisation, qui conditionnent directement les résultats obtenus.
La filière REP Tabac : une opportunité encore insuffisamment exploitée pour appuyer l’émergence d’une véritable filière française de recyclage
La filière REP Tabac pourrait constituer un formidable levier pour accélérer le développement de solutions toujours plus performantes en matière de prévention, de collecte, de dépollution et de recyclage des mégots.
Créée pour réduire l’impact environnemental des produits du tabac, elle dispose de moyens financiers importants qui pourraient contribuer à faire émerger une véritable filière industrielle française, innovante et compétitive.
Pourtant, à ce jour, les technologies françaises de recyclage n’ont bénéficié d’aucun accompagnement. Parallèlement, des Analyses du Cycle de Vie (ACV) ont déjà été réalisées et publiées, alors que les programmes de recherche et développement (R&D) pour approfondir la connaissance des procédés de recyclage restent encore inexistants.
Or, la robustesse d’une Analyse du Cycle de Vie dépend directement de la qualité des données scientifiques disponibles et des hypothèses retenues. Le développement de véritables programmes de recherche apparaît donc comme un préalable indispensable pour consolider les connaissances, valider les paramètres utilisés et renforcer la fiabilité des futures évaluations environnementales.
Depuis la création de la filière REP Tabac, les contributions des producteurs de tabac prévoient depuis 6 ans que 2% du budget annuel soit consacrée à la recherche, au développement et à l’innovation. Ces ressources auraient pu et pourraient notamment permettre de :
- renforcer les actions de prévention et de sensibilisation ;
- optimiser les dispositifs de collecte ;
- soutenir la recherche et le développement de nouvelles technologies ;
- accompagner l’industrialisation des procédés de recyclage ;
- favoriser l’émergence d’une véritable filière française de valorisation des mégots.
À ce titre, nous appelons la filière REP Tabac à jouer pleinement son rôle en soutenant davantage les technologies de recyclage, l’innovation industrielle et les investissements nécessaires à l’émergence d’une véritable filière française de valorisation des mégots.
Les investissements réalisés aujourd’hui permettront de poursuivre l’amélioration des procédés existants, de déployer de nouvelles unités industrielles au plus près des territoires, de réduire les émissions liées au transport et d’accélérer le développement de nouvelles matières premières recyclées.
Le soutien à ces technologies ne doit pas être perçu comme une dépense supplémentaire, mais comme un investissement stratégique pour l’avenir. Chaque innovation, chaque amélioration de procédé et chaque nouvelle unité industrielle renforcent la souveraineté industrielle française, créent de nouveaux débouchés pour les matières recyclées, développent des emplois qualifiés sur nos territoires et contribuent durablement aux objectifs nationaux et européens d’économie circulaire.
La réussite d’une filière REP ne se mesure pas uniquement à sa capacité à gérer les déchets d’aujourd’hui. Elle se mesure également à sa capacité à faire émerger les technologies qui permettront de mieux traiter les déchets de demain.
L'avenir du recyclage des mégots passe désormais par un engagement renforcé de la filière REP Tabac
La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) a été créée pour favoriser la prévention, la collecte, le traitement des déchets et le développement de solutions toujours plus performantes sur les plans environnemental, industriel et économique.
Au-delà du financement de la gestion des déchets, elle a également vocation à encourager la recherche, soutenir l’innovation et accompagner l’émergence de nouvelles filières industrielles.
Celle-ci n’a participé pour le moment à aucun soutien quant au déploiement des technologies de recyclage.
Depuis plusieurs années, les entreprises réunies au sein de la fédération FEDREM – Fédération Européenne pour le Recyclage des Mégots, telles que MeGo!, TchaoMegot … investissent massivement afin de développer des technologies de dépollution, créer de nouvelles matières premières secondaires et structurer une véritable filière industrielle du recyclage des mégots.
Ces investissements ont été réalisés grâce à l’engagement des industriels eux-mêmes, qui ont financé le développement de leurs procédés, leurs unités de traitement, leurs autorisations réglementaires, leurs essais industriels et leurs programmes d’innovation.
En revanche, aucun accompagnement de la filière REP n’a été réalisé ce jour pour soutenir cette dynamique d’innovation, que ce soit au travers de programmes de recherche et développement ou d’aides destinées à accompagner les surcoûts liés à la gestion des substances toxiques, malgré les obligations les 2% du budget à investir dans la R&D
Nous regrettons également que les démarches présentées comme des programmes de recherche et développement (R&D) n’aient pu aboutir et n’aient pas davantage contribué à améliorer les connaissances scientifiques sur les procédés de recyclage ou à accompagner concrètement leur optimisation.
Une démarche de recherche et développement n’a de sens que si elle vise à améliorer les technologies étudiées. Lorsqu’elle se limite à observer ou à évaluer des procédés sans contribuer à leur optimisation, elle ne répond que partiellement aux objectifs que l’on peut attendre d’un véritable programme de R&D.
Nous sommes convaincus qu’une Analyse du Cycle de Vie doit s’inscrire dans cette logique de progrès, et à partir de données concrètes de programme R&D. Elle ne devrait pas constituer une finalité, mais un outil permettant d’identifier les marges d’amélioration, d’orienter les investissements et d’accélérer le développement des technologies les plus prometteuses.
Les prochaines étapes de cette filière sont déjà identifiées :
- renforcer les programmes de recherche et développement ;
- poursuivre l’amélioration des procédés de dépollution et de recyclage ;
- déployer de nouvelles unités industrielles au plus près des territoires afin de limiter les impacts liés au transport ;
- développer de nouveaux débouchés pour les matières premières secondaires ;
- favoriser l’émergence d’une véritable filière française et européenne de recyclage des mégots.
Ces avancées nécessitent une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs de la filière.
C’est pourquoi la FEDREM appelle la filière REP Tabac à jouer pleinement le rôle que lui confie le législateur, en soutenant davantage la recherche, l’innovation industrielle et les investissements nécessaires au développement d’une véritable filière française et européenne de recyclage des mégots.
Le soutien à ces technologies ne consiste pas à accompagner une entreprise en particulier. Il s’agit d’investir dans une filière industrielle d’avenir, créatrice d’emplois, de savoir-faire et d’innovations, capable de transformer un déchet complexe en une ressource utile et de contribuer durablement aux objectifs français et européens d’économie circulaire.
La réussite d’une filière REP ne se mesure pas uniquement à sa capacité à gérer les déchets d’aujourd’hui. Elle se mesure également à sa capacité à faire émerger les technologies qui permettront de mieux traiter les déchets de demain.
Une technologie émergente doit pouvoir continuer de se déployer
Toutes les filières de recyclage ont connu une phase d’amélioration progressive.
Le recyclage du verre, du papier, des plastiques, des batteries ou encore des panneaux photovoltaïques n’a jamais atteint son niveau actuel dès son lancement.
Ces performances se sont construites grâce :
- à la recherche ;
- aux investissements industriels ;
- aux retours d’expérience ;
- à l’amélioration continue des procédés.
Le recyclage des mégots suit aujourd’hui cette même trajectoire.
Les technologies continuent d’évoluer et c’est précisément l’objectif poursuivi par les industriels engagés dans cette filière.
Notre engagement : déployer une filière de recyclage toujours plus performante
Chez TchaoMegot, nous ne considérons pas l’Analyse du Cycle de Vie comme un levier permettant d’améliorer les performances environnementales des filières de traitement. Nous la considérons comme un outil d’amélioration continue.
Chaque innovation industrielle, chaque nouvelle technologie et chaque retour d’expérience doivent permettre de réduire encore davantage l’empreinte environnementale de cette filière.
C’est précisément la philosophie qui guide notre entreprise depuis sa création.
Notre ambition n’a jamais été de créer une simple activité de collecte des mégots.
Notre ambition est de construire une véritable filière industrielle française capable de transformer un déchet complexe en une matière première secondaire à forte valeur ajoutée.
C’est pourquoi nos équipes travaillent en permanence sur l’amélioration de notre procédé industriel.
Nos priorités sont notamment :
- optimiser les consommations énergétiques de nos installations ;
- optimiser davantage les performances de dépollution ;
- augmenter les rendements matière ;
- réduire les distances de transport ;
- développer de nouveaux débouchés industriels pour les matières recyclées.
Un investissement industriel de plusieurs millions d'euros au service du recyclage, auto-financé par TchaoMegot
Transformer un mégot en matière première ne s’improvise pas.
Pour y parvenir, TchaoMegot a investi plusieurs millions d’euros dans le développement d’une unité industrielle dédiée à la dépollution et au recyclage des mégots de cigarette, sans aucune aide de l’éco-organisme.
Notre site industriel est aujourd’hui exploité sous autorisations préfectorales, dans le respect des exigences applicables aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).
Ces investissements permettent de garantir :
- la traçabilité complète des déchets ;
- la maîtrise du procédé industriel ;
- le contrôle permanent des installations ;
- la conformité réglementaire du traitement ;
- la transformation du déchet en une nouvelle matière première destinée à l’industrie.
Ces exigences représentent un engagement industriel et environnemental majeur.
Une technologie reposant sur le CO₂ supercritique issu du recyclage de CO₂ biogénique
Depuis l’origine du projet, nous avons fait le choix d’utiliser un procédé de dépollution par CO₂ supercritique issu du recyclage de CO₂ biogénique. Ce choix n’est pas anodin. Le CO₂ utilisé par TchaoMegot n’est pas fabriqué spécifiquement pour notre procédé. Il est récupéré à partir de filières de valorisation existantes, puis purifié avant d’être réutilisé dans notre processus industriel. Nous avons fait ce choix afin de limiter l’empreinte environnementale de notre technologie tout en bénéficiant des propriétés uniques du CO₂ supercritique pour extraire les substances indésirables contenues dans les mégots. Cette approche illustre parfaitement notre philosophie :
utiliser les ressources existantes de la manière la plus vertueuse possible afin de construire une économie réellement circulaire.
Transformer un déchet en ressource
Une fois dépolluées, les fibres issues des mégots ne sont plus considérées comme un simple déchet. Elles deviennent une matière première secondaire destinée à la fabrication de nouveaux matériaux. Aujourd’hui, ces fibres sont notamment utilisées pour développer des solutions d’isolation destinées au secteur du bâtiment. Chaque kilogramme de matière recyclée permet ainsi de limiter le recours à des matières premières vierges et participe au développement de nouvelles filières industrielles basées sur l’économie circulaire.
Notre objectif est simple :
faire en sorte que le mégot de cigarette ne soit plus considéré comme un déchet sans valeur, mais comme une ressource pouvant être réintroduite dans l’économie.
Maintenir et déployer une filière française d'excellence
La France dispose d’un savoir-faire reconnu dans les domaines du recyclage, de la chimie verte et de l’ingénierie environnementale, avec TchaoMegot
Elle possède aujourd’hui tous les atouts pour devenir un acteur majeur du recyclage des mégots de cigarette et faire du pays une véritable vitrine européenne et mondiale pour répondre à cette problématique environnementale universelle.
Cette ambition suppose néanmoins de maintenir une vision de long terme, pleinement cohérente avec les objectifs européens et nationaux de transition écologique :
- développer l’économie circulaire ;
- préserver les ressources naturelles ;
- favoriser l’innovation industrielle ;
- réduire la dépendance aux matières premières vierges ;
- créer des emplois industriels sur les territoires.
Maintenir et développer cette filière industrielle nécessite :
- des investissements ;
- des compétences ;
- des capacités de recherche ;
- des infrastructures adaptées ;
- une stabilité réglementaire ;
- un dialogue permanent entre les industriels, les collectivités, les pouvoirs publics et les éco-organismes.
Investir dans cette filière, c’est investir dans des compétences, des technologies et des savoir-faire qui pourront bénéficier à l’ensemble de l’économie circulaire.
C’est à cette condition que pourront maintenir et déployer des solutions toujours plus performantes, capables de répondre aux défis environnementaux de demain.
Le recyclage des mégots représente bien davantage qu’une nouvelle activité environnementale.
Il constitue une opportunité de développer une filière industrielle française innovante, capable de créer de la valeur à partir d’un déchet aujourd’hui largement considéré comme sans avenir.
Soutenir l'innovation pour accélérer la transition écologique
Toutes les grandes filières de recyclage se sont construites grâce à l’innovation et à des investissements continus.
Le verre, le papier, les métaux, les batteries ou encore les panneaux photovoltaïques ont tous bénéficié, au fil des années, d’améliorations technologiques permettant d’optimiser leurs performances environnementales et industrielles.
Le recyclage des mégots s’inscrit aujourd’hui pleinement dans cette dynamique du point de vue des opérateurs de la filière. Nous espérons désormais que cette ambition sera pleinement partagée et accompagnée par la filière REP Tabac afin de permettre l’émergence d’une véritable filière industrielle française et européenne de recyclage.
Les technologies actuellement déployées sont d’ores et déjà opérationnelles et permettent de transformer ce déchet en une nouvelle matière première. Comme toute filière industrielle, elles continueront naturellement à évoluer grâce aux retours d’expérience, aux investissements et aux innovations technologiques.
Chez TchaoMegot, cette démarche est déjà engagée. Depuis notre création, nous avons fait le choix d’investir dans notre technologie de dépollution au CO₂ supercritique issu du recyclage de CO₂ biogénique et dans une unité industrielle dédiée au recyclage des mégots.
Les investissements de demain ne visent donc pas à remettre en cause cette technologie, mais à renforcer encore ses performances, notamment en déployant de nouvelles unités industrielles au plus près des territoires afin de réduire les distances de transport, d’optimiser la logistique et de diminuer encore davantage l’empreinte carbone globale de la filière.
Soutenir le recyclage des mégots, ce n’est pas soutenir une entreprise.
C’est accompagner le développement d’une filière industrielle française innovante, créatrice de valeur, capable de produire de nouvelles matières premières recyclées et de contribuer durablement aux objectifs nationaux et européens d’économie circulaire.
Une collecte pensée pour limiter son impact environnemental
L’ACV publiée par Alcome rappelle que la collecte et le transport constituent des leviers majeurs de réduction des impacts environnementaux.
Chez TchaoMegot, cette approche guide nos choix depuis notre création.
Aujourd’hui, plus de 4 000 collectivités, entreprises et établissements utilisent nos solutions de collecte des mégots.
Pour améliorer en permanence les performances de la filière, nous avons développé des modèles complets, protégés par sept brevets en France et à l’international, couvrant aussi bien la collecte que le traitement des mégots.
Parmi ces innovations figurent nos capteurs connectés (IoT), déjà déployés auprès de plus de 200 clients. Ils permettent de connaître en temps réel le niveau de remplissage des cendriers afin de déclencher les collectes uniquement lorsque cela est nécessaire. Cette gestion intelligente permet de réduire les déplacements inutiles, d’optimiser les tournées et de limiter les émissions de gaz à effet de serre liées au transport.
Dans cette perspective, la majorité de nos cendriers sont déjà conçus pour intégrer ces capteurs. Ce pré-équipement permettra d’accélérer leur déploiement à mesure que les coûts des technologies IoT diminueront grâce aux économies d’échelle.
Les mégots sont ensuite conditionnés dans des sacs réutilisables de 25 litres, conformes aux exigences applicables au transport des déchets concernés, puis acheminés par messagerie mutualisée. Ils sont intégrés à des flux logistiques déjà existants, ce qui permet de limiter l’impact environnemental additionnel du transport.
Depuis six ans, TchaoMegot développe ainsi une filière pensée dans sa globalité : concevoir des équipements intelligents, optimiser la collecte, mutualiser les transports, dépolluer les mégots et valoriser la matière.
Parce que nous sommes convaincus que la performance environnementale d’une filière se construit à chaque étape de son cycle de vie.
Déployer des unités industrielles au plus près des territoires
Le transport constitue l’un des principaux postes d’impact identifiés dans l’Analyse du Cycle de Vie.
Nous partageons ce constat.
C’est pourquoi notre stratégie industrielle repose sur un modèle décentralisé.
Notre ambition est de déployer progressivement de nouvelles unités industrielles de recyclage sur différents territoires afin de rapprocher les capacités de traitement des zones de collecte.
Cette organisation permettra de :
- réduire les distances parcourues par les mégots ;
- diminuer les émissions de CO₂ liées au transport ;
- renforcer les filières locales d’économie circulaire ;
- créer des emplois industriels non délocalisables ;
- accompagner les collectivités dans une gestion de proximité de leurs déchets.
Le meilleur transport est celui que l’on évite.
Rapprocher les unités industrielles des gisements constitue donc l’un des principaux leviers d’amélioration de notre bilan environnemental.
Les politiques publiques doivent encourager les solutions qui progressent
Nous appelons les collectivités territoriales, les parlementaires et les pouvoirs publics à accompagner le déploiement de solutions locales de collecte et de recyclage des mégots. En favorisant la massification des gisements sur les territoires, ils contribueront à créer les conditions nécessaires à l’implantation de nouvelles unités industrielles de traitement au plus près des lieux de collecte.
Cette approche permettra non seulement de réduire les émissions liées au transport, mais aussi de créer des emplois locaux, de renforcer l’économie circulaire sur les territoires et de faire émerger une véritable filière industrielle française du recyclage des mégots.
Chaque territoire qui choisit de développer une collecte locale participe à la construction d’un modèle plus durable, plus souverain et plus performant pour la gestion de ce déchet.
L’économie circulaire est, par nature, une dynamique d’amélioration permanente.
Les organisations logistiques s’optimisent.
Les technologies se perfectionnent.
Les procédés deviennent encore plus sobres.
Les consommations d’énergie diminuent davantage.
Les matériaux recyclés trouvent de nouveaux débouchés.
Dans ce contexte, les politiques publiques ont un rôle essentiel à jouer.
Leur mission n’est pas uniquement d’évaluer les technologies existantes.
Elle consiste également à créer les conditions permettant aux solutions innovantes de continuer à se déployer.
Dépasser les oppositions
Le débat ne devrait pas opposer le recyclage, la valorisation énergétique ou les autres modes de traitement. Chacune de ces solutions répond à des contextes et à des objectifs différents, en fonction des caractéristiques des déchets et des contraintes techniques.
L’innovation naît de la recherche, de l’amélioration continue des technologies et de l’évaluation objective de leurs performances, non de l’opposition systématique entre les différentes filières.
En revanche, lorsqu’une technologie permet, après dépollution, de transformer un déchet en une véritable matière première secondaire, elle mérite d’être accompagnée et soutenue. Son développement constitue une opportunité de répondre à un enjeu environnemental mondial, tout en faisant émerger une filière industrielle française innovante, créatrice de valeur, d’emplois et de savoir-faire, capable de positionner la France comme un acteur pionnier dans le recyclage des mégots de cigarette.
Une responsabilité collective
Le recyclage des mégots ne constitue pas uniquement un défi technique.
Il représente un enjeu environnemental, industriel et sociétal.
Collectivités, fabricants, éco-organismes, chercheurs, industriels et citoyens ont chacun un rôle à jouer pour faire émerger les solutions les plus pertinentes.
La transition écologique ne se construira pas en opposant les acteurs.
Elle se construira en favorisant le dialogue, la transparence scientifique et l’amélioration continue des technologies.
C’est dans cet esprit que TchaoMegot souhaite contribuer au sujet : avec des données, des investissements, des innovations et une volonté constante de faire progresser les performances environnementales de la filière.
faire progresser les connaissances pour faire progresser la filière
Comme toute étude scientifique, une Analyse du Cycle de Vie doit être interprétée à la lumière de son périmètre d’analyse et des hypothèses méthodologiques retenues. Dans le cas présent, plusieurs enjeux majeurs — tels que la gestion des substances toxiques, la qualité de la dépollution, les contraintes réglementaires applicables aux installations ou encore les bénéfices liés à la création de nouvelles matières premières secondaires — ne sont pas intégrés dans le périmètre étudié, alors qu’ils constituent des éléments essentiels pour orienter durablement une politique publique de gestion des mégots de cigarette.
TchaoMegot et les membres de la FEDREM – Fédération Européenne pour le Recyclage des Mégots appellent donc à poursuivre de véritables programmes de recherche et développement sur ces sujets encore insuffisamment documentés. Une meilleure connaissance scientifique des procédés permettra de produire des données plus robustes, d’affiner les hypothèses retenues dans les futures Analyses du Cycle de Vie et d’améliorer la qualité des décisions publiques.
Nous espérons également que les technologies de recyclage bénéficieront désormais d’un soutien à la hauteur des ambitions fixées par la filière REP Tabac. Alors que le cahier des charges prévoit de consacrer une part significative des ressources de la filière à la recherche et au développement — représentant plusieurs millions d’euros depuis sa création — les acteurs réunis au sein de la FEDREM regrettent que ces moyens n’aient pas encore permis de faire émerger de véritables programmes de R&D collaboratifs visant à améliorer les technologies de recyclage. Une Analyse du Cycle de Vie est d’autant plus pertinente qu’elle s’appuie sur des données scientifiques solides, elles-mêmes issues de travaux de recherche approfondis.
La réussite de cette filière reposera enfin sur une coopération renforcée entre les industriels, les éco-organismes, les collectivités, les chercheurs et les pouvoirs publics. Nous sommes convaincus qu’en soutenant davantage l’innovation, la recherche et l’industrialisation, la France a l’opportunité de devenir un acteur de référence dans le développement d’une véritable filière française et européenne de recyclage des mégots, au service de l’économie circulaire et de la transition écologique.